Touche Pas A Mon Vigneron

Il y a peu le Professeur Reynaud  a rendu son rapport au gouvernement sur Les stratégies validées de réduction des dommages liés aux addictions  dans lequel il dresse un ensemble de préconisations  afin de lutter contre les addictions, notamment en matière d’alcool.

Dans celles-ci  on note, qu’en sus de l’habituelle augmentation des taxes qui a toujours démontré son inefficacité sur les comportements dangereux mais permet néanmoins de remplir les caisses de l’Etat, le Professeur préconise de ne plus autoriser la promotion sur internet, comprenant spécifiquement dans cette définition  les réseaux sociaux.

En réponse à ce rapport, nous avons mis en place un collectif « Touche Pas A Mon Vigneron » et une pétition afin de défendre le droit à l’expression de nos vignerons.

Nous avons besoin de vous, amoureux du vin, vignerons, négociants, interprofessions. En signant cette pétition vous montrez votre engagement auprès de nos vignerons et des valeurs du vin.

La pétition: https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/sauvons-le-droit-d-expression-de-nos-vignerons

Nous vous remercions de bien vouloir signer cette pétition et de la faire circuler autour de vous afin de soutenir et défendre  nos vins et ceux qui les font.

Vous pouvez aussi nous suivre sur la page facebook du collectif:

https://www.facebook.com/TouchePasAMonVigneron

Ainsi que le compte Twitter afin d’échanger ensemble:

https://twitter.com/TPAMV

Afin de parfaire votre culture, tant il serait dommage de passer à côté d’une telle prose, j’ai reproduit ci-dessous les éléments essentiels de ce rapport. Je tiens à noter que les extraits liés à l’alcool sont tous reproduits dans leur intégralité et n’ont en aucun cas été modifiés ou manipulés.
L’intégralité des 107 pages se trouve ici:
http://cms.centredesaddictions.org/pdf/Mildt_MR_DJM_Synthese.pdf

LES DOMMAGES LIES AUX ADDICTIONS ET
LES STRATEGIES VALIDEES POUR REDUIRE CES DOMMAGES

Extrait du rapport remis à la Mildt par le Professeur Michel Reynaud


Mildt 

Créée en 1982, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, placée sous l’autorité du Premier ministre, anime et coordonne les actions de l’Etat en matière de lutte contre les drogues et les toxicomanies.
La mission prépare les délibérations du comité interministériel et veille à leur exécution.

Professeur Michel REYNAUD

Chef du département de psychiatrie et d’addictologie
Hôpital Universitaire Paul Brousse à Villejuif

 

ALCOOL, TABACS, DROGUES, JEUX D’ARGENT

 Pour créer une addiction il faut fournir des récompenses (substances ou comportement susceptible de procurer du plaisir), intenses et rapides, de durées brèves et à un rythme variable. On sait aujourd’hui les créer industriellement. Les produits consommés ou achetés sont, en général, doublement récompensant, ajoutant aux émotions positives une valorisation du statut social.

Le marketing des comportements ou des produits, licites ou illicites, utilise ces mêmes stratégies qu’internet et les réseaux sociaux démultiplient.

Si l’objectif de réduction des consommations, l’affirmation des interdits portant sur les comportements de consommations nuisibles à autrui et la poursuite de lutte contre le trafic des produits illicites doivent rester des priorités, il faut parallèlement apprendre à vivre avec les produits addictifs, en domestiquant et en régulant leur usage. Le contexte de consommation devient la cible d’une palette d’interventions possibles qui propose, selon la demande, de consommer à moindre risque, de diminuer sa consommation ou de se sevrer.

Il faut en effet toujours partir de la demande de l’usager qui reste le meilleur levier, s’y adapter et l’accompagner dans une démarche progressive dans laquelle tous les changements positifs sont considérés comme des succès : réduire les consommations, consommer en prenant moins de risques, gérer ses prises de produits, devenir abstinent sont autant d’objectifs d’amélioration et de réduction des dommages.

Cette politique équilibrée nécessite des mesures de contrôle et de réduction de l’offre. Pour l’offre régulée (alcool, tabac, jeux d’argent) les stratégies validées de lutte  contre  les incitations à la consommation excessive sont l’augmentation des prix, les actions visant à dénormaliser la consommation, le contrôle et l’encadrement de l’offre, l’encadrement ou l’interdiction de la publicité.

En 2006, les taxes spécifiques sur le tabac s’élèvent approximativement à 10 milliards d’euros et les taxes sur l’alcool à 8 milliards d’euros. Elles sont donc trois fois inférieures au coût externe. La conclusion est simple, l’alcool et le tabac imposent un coût à la collectivité que les taxes sont bien loin de compenser. Les autorités publiques seraient donc amplement légitimes à remonter massivement les taxes sur ces deux types de produits. Le produit de ces taxes devrait être affecté à la prévention, aux soins et à la recherche

Les stratégies marketing des industriels de l’alcool sont extrêmement puissantes, parfaitement ciblées et redoutablement efficaces : on leur doit en particulier les nouveaux modes et l’augmentation des consommations chez les jeunes.

Ces stratégies se sont particulièrement développées grâce au cavalier législatif utilisé à l’occasion de la loi HPST pour faciliter la promotion de l’alcool : l’autorisation de la publicité sur internet qui est désormais le meilleur et le plus puissant vecteur publicitaire.

Nous proposons donc :

- De faire appliquer les lois existantes et de revenir à l’esprit de la loi Evin : la propagande ou la publicité, directe ou indirecte, en faveur des boissons alcooliques est très limitée, et sur certains supports. Sur la toile, c’est exactement l’inverse depuis la loi HPST : la promotion des boissons alcoolisées y est autorisée, sauf sur certains  sites. Ne pas autoriser cette promotion sur la toile, sauf sur certains sites clairement définis (producteurs, marchands en ligne, œnotourisme…).

- De financer la prévention et la recherche par les industriels au prorata de leurs dépenses de marketing.

- De développer un observatoire du marketing de l’alcool et du tabac.

- D’élargir les missions du Comité de la modération non seulement aux campagnes de prévention, mais aussi aux stratégies promotionnelles.

Parallèlement à l’organisation des Etats Généraux de la réduction des Dommages des Addictions, nous suggérons la création d’une Fondation Actions Addictions destinée à soutenir toutes les actions permettant de réduire les dommages des addictions (innovations dans tous les domaines : actions de prévention, d’accompagnement, de réinsertion, de recherches de formation, de sécurité…)

Cette fondation pourrait bénéficier de fonds publics (notamment directement à partir des taxes sur le tabac et l’alcool ce qui aurait le mérite d’afficher une véritable cohérence), de mécénat et surtout permettrait une mobilisation de la population sur cette problématique.

Moins d’alcool quotidien, plus d’alcoolisation ponctuelle importante

Un point positif : la proportion de consommateurs quotidiens, tout comme les quantités d’alcool mises en vente, ont nettement diminué au cours des années 2000, prolongeant ainsi la tendance observée depuis plusieurs décennies.

Mais si la consommation quotidienne est en baisse, les comportements d’alcoolisation ponctuelle importante (cinq à six verres en une seule occasion) se sont développés depuis 2005 chez les adolescents de 17 ans et les jeunes adultes.

L’augmentation a été particulièrement forte chez les jeunes femmes de 18 à 25 ans,

La part des buveurs à risques chroniques parmi les 18-75 ans s’établit à 9 % en 2010 (soit environ 4 millions de personnes), les 18-25 ans étant les plus touchés (14 %). La proportion de cette catégorie de consommateurs a augmenté par rapport à 2005 (+ 7,6 %).

La part des  buveurs à risque ponctuel  parmi les 18-75 ans s’établit à 28 % en 2010 (soit environ 12 millions de personnes), en hausse notamment chez les 18-35 ans et les jeunes femmes de 18-25 ans depuis 2005.

Pour résumer, les experts européens s’accordent sur les éléments suivants :

- L’alcool est le produit le plus dangereux entrainant des dommages sanitaires et sociaux majeurs.

- Puis viennent l’héroïne et la cocaine

- Puis le tabac, causant surtout des dommages sur la santé

- Puis le cannabis, causant prioritairement des dommages sociétaux.

Différentes études mettent en évidence une discordance frappante entre le statut légal des produits et la gravité des dommages induits par leur consommation.

Ceci doit amener à s’interroger sur les conséquences des campagnes d’information et du statut, légal ou illégal, des produits et en particulier sur les raisons et les conséquences de la sous-évaluation relative des dommages liés à l’alcool :

- Cette surestimation des dommages pour toutes les substances par la population générale, à l’exception de l’alcool laisse penser que les campagnes centrées sur les dommages uniquement ont atteint leurs limites.

- La communication sur les dangers des drogues illicites focalise les inquiétudes de la population, amenant, de fait, à une minimisation relative des dommages du produit le plus dangereux, l’alcool, perçu comme moins dangereux que le cannabis.

Cette surestimation des dommages explique probablement le poids des substances illicites dans les politiques de santé et de sécurité publique, au regard des politiques menées par rapport à l’alcool.

Et pourtant, la connaissance des dangers n’empêche pas les consommations, puisque les consommateurs de drogues illicites semblent aussi informés que les experts.

Ceci devrait amener les pouvoirs publics à promouvoir une information comparative sur les dommages des différents produits, et tout particulièrement de l’alcool.

La consommation d’alcool fait partie de la culture française.

Le sud de la France suit un mode de consommation de type méditerranéen, avec une consommation volontiers quotidienne, notamment de vin au cours des repas, alors que le nord suit un mode de consommation proche de celui des pays riches du nord, avec une consommation plus importante de bière et de spiritueux.

Le comportement d’Alcoolisation Ponctuelle Importante (API), reste encore assez peu fréquent en France mais a tendance à augmenter chez les jeunes depuis quelques années.

En France, la consommation d’alcool per capita était de 12,7 litres, très proche de la moyenne Européenne. La réduction de la consommation d’alcool a été particulièrement importante en France. C’est la baisse de la consommation de vin qui a porté l’essentiel de ce phénomène. Cette forte réduction de la consommation s’est traduite par une réduction de la mortalité.

Les consommations aigues d’alcool, souvent massives, particulièrement importante chez les jeunes, les API, constituent un élément relativement nouveau, encore mal évalué d’un point de vue sanitaire.

L’enquête ESCAPAD qui évalue les consommations chez tous les jeunes de 17 ans montre que les usages fréquents et les ivresses sont en hausse depuis 2008.

L’alcool est à la fois un produit qui procure beaucoup de plaisirs individuels et de bénéfices sociaux et le produit qui entraine beaucoup de dommages sanitaires individuels et le plus de dommages sociaux

Pour résumer, il faut faire comprendre que l’alcool, produit qui procure le plus de plaisir et de bien- être est le produit le plus dangereux.

L’alcool est à la fois la cause directe de maladies (dépendance…) et de délinquance (routière, ivresses publiques, manifestations…), mais aussi le facteur déclenchant de nombreuses autres maladies (cirrhoses, cancers, troubles neuropsychopathologiques, suicides…) et d’une très importante délinquance (violences, violences familiales, sexuelles…).

La mortalité attribuable à l’alcool était de 49 000 morts en 2009 chez les adultes en France, ce qui correspond à 13% de la mortalité annuelle.

En France, l’alcool représente la 3ème cause de mortalité, la 2ème cause de mortalité évitable et la 1ère cause de mortalité prématurée.

L’alcool constituant en France le premier produit facteur de dommages pour toute la population en matière à la fois de santé et de sécurité,  le Plan gouvernemental doit faire intégrer la dangerosité réelle de l’alcool :

- Lutter contre la banalisation de l’usage de l’alcool de manière globale, et pas seulement de manière ciblée concernant les jeunes et la sécurité routière ou les femmes enceintes ;

- Débanaliser les boissons alcooliques en présentant l’ensemble des dommages et exercer une vigilance à l’égard de toute image de l’alcool le présentant comme un produit agréable, sain et inoffensif

- Renforcer les moyens alloués au dispositif de prévention au prorata des dépenses marketing des alcooliers à partir des recettes fiscales générées par la  consommation  des  boissons  alcoolisées  afin  de contrebalancer  la communication et la publicité des producteurs et distributeurs

- Réduire l’accessibilité des boissons alcooliques

- Augmenter et rénover la fiscalité et taxations des boissons alcooliques qui doit être cohérente et lisible, dont l’assiette doit être basée sur la quantité d’alcool pur qu’elles contiennent par contenant, et qui doit s’appliquer à toutes les catégories de boissons quelles que soient leur origine.

- Interdire de vendre de l’alcool à des mineurs par voie électronique

- Responsabiliser les débitants d’alcool, devant se traduire par un renforcement des exigences de la société à leur égard. Il faut viser un accroissement de leur conscience des conséquences douloureuses de la consommation excessive d’alcool

- Affectation de nouvelles recettes des taxations à l’Assurance Maladie et à la Prévention au prorata des coûts sanitaires

- Généralisation des dispositifs d’éthylomètre éducatifs et préventifs qui devraient faire partie de l’équipement obligatoire des véhicules

Les contrôles d’alcoométrie aléatoires et ciblés doivent être beaucoup plus fréquents

- Mise en place d’une politique de prévention de la récidive

Encadrer la publicité en s’appuyant sur les deux principes initiaux de la loi Evin :

- Concernant les supports, interdire les médias qui s’imposent à tous types de récepteurs et potentiellement les mineurs : l’affichage sur la voirie et les lieux publics (sauf dans les communes de productions viticoles), l’internet (sauf les sites des producteurs) et les réseaux sociaux ;

- Concernant les contenus, limiter la communication sur les qualités objectives des boissons.

Le marketing des industriels de l’alcool

Les industriels de l’alcool promeuvent leurs marques par le biais de campagnes publicitaires utilisant des supports et messages variés. Ces publicités jouent sur la socialisation, l’humour, l’aventure, la musique, la séduction, le pouvoir, l’ironie, la provocation, etc.

Différents outils commerciaux sont actuellement déployés par les alcooliers pour toucher les jeunes.

Ainsi de nouveaux produits et packagings d’alcool sont développés pour toucher les jeunes. Les  premix sont des boissons conçues pour les jeunes car le goût de l’alcool est adouci par l’ajout de soda ou de bases fruitées.

La publicité sur le point de vente et les lieux de consommation est également très utilisée par les alcooliers. Elle recoupe différents outils : promotion sur les prix des boissons, cadeaux contre achats, jeux-concours, etc.. Dans certains établissements nocturnes, des hôtesses sont engagées par les marques d’alcool pour encourager la clientèle à la consommation. En milieu étudiant, on assiste aussi à des soirées open bar qui ouvrent la voie à une alcoolisation excessive.

Le sponsoring d’évènements culturels et sportifs est efficace. Il s’agit ici d’associer les marques d’alcool à des activités appréciées des consommateurs : football, jeux olympiques, concerts d’artistes célèbres, festival de musiques, etc. Le but est d’accroître la visibilité et la notoriété des marques et de faire rejaillir les valeurs de l’évènement sur leur image.

Les industriels de l’alcool investissent massivement les nouveaux médias

- Internet, réseaux sociaux, smartphones, e- mails, sms, depuis que la promotion de leurs produits y est possible (HPST, 2009). Et ce d’autant que les utilisateurs de réseaux sociaux de 12 à 17 ans seraient 3 fois plus susceptibles de boire de l’alcool (26% contre 9%) que les adolescents non connectés.

- Bannières publicitaires animées, intelligentes, sur des sites généralistes (presse, logement, sport…) et sur des sites plus jeunes et/ou festifs (radios jeunes, clubbing, espaces de dialogue/chat).

- Moyens colossaux pour mieux connaître les utilisateurs (en partenariat avec des moteurs de recherche), les attirer, les fidéliser, les utiliser pour créer leurs packagings/recettes, nouer une relation particulière avec eux

- Des jeux, des applications et des comptes en ligne leur sont ouverts. Ils sont pris en photo et affichés verres de bière à la main.

- Des produits toujours plus innovants, des politiques de prix bas et toujours des open-bars

- Des actions événementielles au caractère éphémère voire clandestin…

Et parallèlement, l’image est  soignée  par  un  développement  de  marques  alibis, favorisant  une  présence  bien accueillie en milieux festifs et la diffusion de messages préventifs ambigus car tendant à banaliser la consommation.

Un lien significatif existe entre l’exposition à la publicité et l’initiation de la consommation d’alcool chez les adolescents non buveurs, d’une part, puis l’augmentation de la consommation chez les jeunes déjà buveurs, d’autre part. Les expositions régulières à des publicités pour l’alcool sont associées à une augmentation du binge drinking.

ACTIONS PROPOSEES

Faire appliquer les lois existantes de restriction des actions publicitaires

Actuellement, ce sont des associations qui manquent de moyens qui alertent et poursuivent en justice les industriels pour non-respect de la règlementation (CNCT, ANPAA, etc.)

- Interdire les supports publicitaires pour les marques d’alcool susceptibles de rentrer en contact avec des jeunes, voire des très jeunes : affichage dans la rue et présence sur Internet.

- Faire des campagnes de prévention régulières dans les médias sur les méfaits de l’alcool

- Dénonciation de la manipulation marketing des industriels dans des programmes d’éducation à l’école.

- Prévenir les conflits d’intérêt : interdire la présence des industriels de l’alcool dans l’activité (financement, commission, etc.) des structures préventives ou publiques.

Revenir, sur internet, à l’essence même de la loi Evin

La propagande ou la publicité, directe ou indirecte, en faveur des boissons alcooliques est très limitée à certains supports.

Sur la toile, c’est exactement l’inverse depuis la loi HPST : la promotion des boissons alcoolisées y est autorisée, sauf sur certains sites. Ne pas autoriser cette promotion, sauf sur certains sites clairement définis (producteurs,marchands en ligne, œnotourisme…).

- Préparer une loi amenant les industriels de l’alcool à verser une taxe au prorata des investissements en opérations marketing (communication notamment) (1euro pour 1 euro engagé ?).  Cette  taxe  serait  destinée  à  la  prévention  et  gérée  par  des  organismes totalement indépendants.

- Favoriser la création des postes d’éducateurs numérique

- Création d’un observatoire du marketing de l’alcool et du tabac

- Evaluer le marketing déployé autour de l’emballage des produits de l’alcool.

- Evaluer la présence des produits de l’alcool dans les films

- Evaluer le marketing responsable et les relations publiques déployés par l’industrie

- Observer les politiques de mécénat et de lobbying développées en France par l’industrie de l’alcool.

- Analyser l’effet de ces outils sur les leaders d’opinion, sur l’adoption des lois, décrets, et sur l’application des lois.

- Contrer la présence des produits de l’alcool sur Internet.

- Observer la présence des marques et des produits de l’alcool sur Internet (sites, médias sociaux).

- Elargir les missions du Comité pour la Modération à toute l’évaluation de la communication sur

l’alcool, aussi bien aux campagnes de prévention qu’aux campagnes de promotion.

Pourquoi agir sur la fiscalité de l’alcool ?

La consommation est encore aujourd’hui très élevée. Le prix des boissons  alcoolisées compte tenu de l’inflation a baissé : à coût de la vie égal, l’alcool est 13% moins cher aujourd’hui qu’en 1960.

La comparaison avec les taxes dans les autres pays de la Communauté Européenne montre que les droits d’accise sur les boissons alcoolisées sont très faibles en France.

La théorie économique de la taxation a établi de longue date que le montant des impôts spécifiques prélevés sur les produits engendrant des externalités doit être égal au coût de ces externalités.

Les autorités publiques devraient unifier le montant des accises prélevées sur les différentes formes d’alcool. Il existe un fort différentiel de taxe entre les différents spiritueux. Les droits sur le vin sont de 3,55 euros par hectolitre, contre 56 euros pour les vins doux naturels (muscats, etc.) et 223 euros pour les produits dits « intermédiaires », tels que le pineau des Charentes et le porto. Les spiritueux (whisky, pastis, etc.) sont taxés à hauteur de 1.514 euros par hectolitre d’alcool pur, soit un peu plus de 600 euros par hectolitre pour un alcool à 40 degrés. En outre, une cotisation sur les alcools de plus de 25 degrés s’ajoute (1,6 euro par litre).

Pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la santé publique les différents gouvernements épargnent systématiquement le vin. Il convient d’unifier la taxation sur les alcools au regard des impératifs de santé publique.

15 réponses à Touche Pas A Mon Vigneron

  1. alain neyman dit :

    Que voulez-vous faire ? Il faut bien que l’administration pense à notre santé et nous protège et puis c’est leur gagne pain.
    Alors on nous interdit le vin, l’alcool, le tabac… le problème c’est que malgré les interdits qui s’accumulent les gens se débrouillent toujours pour passer outre. C’est pourquoi les ministères et leurs représentants sont obligés de taper toujours plus fort.
    Mais les gens continuent à consommer, les gens ne sont pas raisonnables en n’obéissant pas.

    Alors que le plus simple serait peut-être de ne plus interdire les produits, mais seulement d’interdire LES GENS !

  2. Ping : Touche pas à mon vigneron | Eyes Wine Open

  3. Ping : Addiction à l'alcool : les conseillers du Président | Les Mots du VinLes Mots du Vin

  4. Ping : Ne coupons pas Internet aux Vignerons : signons ! | Le Bouchon

  5. Aumat dit :

    L’alcool : 70 000 morts par an
    L’héroïne : 10 morts par an
    Le tabac : 40 000 morts par an
    La coke : 0 mort par an

    Alors, je militerai pour les vignerons quand l’état arrêtera de considérer l’alcool comme un mal nécessaire …. surtout le pinard qui est le pilier de l’alcoolisme en France…
    Oui je veux bien toucher aux lobbys des alcools (et bien sûr des vignerons) et je suis prêt à descendre dans la rue pour cela ….
    Je vous renvoie à l’émission de France Inter hier à 19h20 qui traitait de ce pb. Haro sur les ‘lobbies pinardiers’
    http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=656268&date=1371006000

    On a réduit le nombre des tués sur la route de 15 000 à 4 000 par an contre le lobby des constructeurs, il faut faire la même chose avec l’alcool et surtout avec le vin.

    • louise dit :

      Bonjour,
      Je m’étonne quelque peu de vos chiffres mais je tiens surtout à vous rappeler qu’il existe une différence entre consommation et dépendance.
      Nombre des personnes appréciant de déguster un verre de vin ne sont pas alcoolo-dépendant..
      Vous avez raison sur le fait que la dépendance doit être luttée et aidée mais cette prévention passe aussi sur l’apprentissage des comportements responsables.
      Loin des lobbies pinardiers dont vous parlez, il existe avant tout des vignerons agriculteurs aujourd’hui qui se battent pour la qualité et condamnent unanimement les comportements excessifs et abusifs.

    • Thierry dit :

      les torchons, les serviettes, et le bébé avec l’eau du bain…
      Tout est mélangé dans le rapport et dans votre commentaire, l’alcoolisme chronique des pochtrons soixantenaires des bistrots, qui ne seront pas forcément sauvés par l’interdiction de la publicité sur Internet, comme le binge drinking des jeunes en soirée qui sont plus adeptes de la bière et des alcools forts que du vin.
      On peut absolument tout prouver et son contraire avec des chiffres. Encore faudrait il savoir ce que vous comptez dans vos statistiques. Les personnes de 70 ans qui meurent aujourd’hui de maladies favorisées par la consommation d’alcool appartiennent a une autre génération et d’autres habitudes de consommations. il serait pour le moins stupide de s’appuyer sur leur décès pour prendre des mesures de protection de la santé des jeunes générations.

      Vous pouvez effectivement militer contre les voitures, le tabac, le vin, puis vous attaquer à la viande rouge, le sucre, le gluten, les ondes des téléphones, la pilule……
      Tous ces combats à mener de front, je vous plains, si vous descendez dans la rue à chaque fois, prenez garde à ne pas prendre froid. Ca serait ballot de mourir d’une mauvaise grippe.
      Quant à moi, grand défenseur des libertés individuelles et la responsabilisation des individus, je continuerai à clamer haut et fort mon amour du bon vin.

  6. Ping : Le Gouvernement Français est un cheval avec des oeillères!

  7. JR Cogranne dit :

    C’est qui ce « Aumat ». Il est pas un peu con ? A défaut d’être anonyme…En tout cas ignare sur le problème… »surtout avec le vin »…ça laisse rêveur !

  8. Pascal Hénot dit :

    Merci Louise pour cette initiative !
    Défendons notre culture, notre patrimoine et notre civilisation face aux attaques de tous les obscurantismes !
    Voir mon post :
    http://www.oenoblogue.com/2013/06/touche-pas-mon-vigneron.html

  9. Ping : WineCigarsClub » France to muzzle wine bloggers and tweets?

  10. Nicolas T dit :

    Encore un rapport bureaucratique qui mélange tout et qui ne fait état de l’ignorance de ceux qui l’ont rédigé! Il faudrait que ces gens là puissent faire un peu le ménage entre les préjugés et la réalité. J’aime visiter les blogs, ils sont rédigés par des passionnés des bonnes choses, des amoureux du vin, dans la recherche de la perfection des produits, parfois critiques à l’égard des canaux traditionnels de vinification et de distribution. J’ai moi-meme mon blog. Je ne connais aucun blog faisant l’apologie de la consommation excessive, de l’alcoolisme, du binge drinking.

    De ce rapport, il peut être même légitime de se poser la question si il ne s’agit pas d’une volonté d’étouffer la créativité, l’originalité par des lobbys?? Ne paranoyaons pas quand même!… En tout cas la premiere chose à faire, éduquons nos détracteurs, qu’ils laissent leurs idées reçues a coté et faisons nous connaitre! Autrement attendons le prochain rapport qui interdira la communication autour de la gastronomie, cela peut aussi être très dangereux pour la santé!!!

  11. Ping : Sauvons le droit d’expression de nos vignerons | DistilZine

  12. Morgane dit :

    Je vois que la pétition avance bien ! Et il faut qu’elle avance encore ! Le soufflé ne doit pas retomber !
    Et merci Louise pour l’entretient téléphonique ! Cela a permis de rédiger un article qui complète ce que l’on peut trouver sur Internet.

  13. Ping : Le rapport Reynaud met le feu aux foudres : vignerons, forums, blogs de vin, tout le monde va payer l’addiction sur internet — Bourgogne Live | Site d'information sur le vin, l'œnotourisme et l'art de vivre en Bourgogne

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