Le vin en 7 questions…cons

e4e4667780498536349ebeac96c76c8e
Il y a les jours B.
B comme bien, bon, badinage, bacchanales, baisers, baba au rhum.
Ces jours là, il fait beau, les oiseaux (ou du moins ce qu’il en reste) chantent, les bébés (des autres) babillent, un frisson court sur ma peau alors que le soleil s’y attarde un instant. Ces jours là, j’arrive presque à croire que j’aime l’humanité, les chiens , voir même les enfants (des autres).

Il y a aussi les jours C.
C comme catastrophe, cafards, ça ne va plus, c’est pas moi, c’est l’autre; c’est con…

Et puis, il y a les jours retors.
Ceux qui te laissent espérer qu’ils sont en B l’air de rien, ceux où tu te plais à croire en tout, voir même en rien (ce qui est d’ailleurs très reposant mais illusoire, l’espoir se nichant dans des recoins toujours inattendus).
Ces jours là, le soleil a pointé son nez derrière un amas de nuages, la concierge et la boulangère ne t’ont pas raconté leur vision du gouvernement et de la politique mondiale, il reste encore des dosettes à côté de la machine à café, les taxis sont même aimables, les vélocipèdes n’essayent pas de te renverser sur les trottoirs et les enfants (des autres) n’essayent pas de te parler.
Devant cet étalage de tant de bonté, forcément, l’esprit s’ouvre et la vigilance baisse.
C’est en général à cet instant précis que la connerie tombe.
Toute sa magie réside en un axiome parfait: rendre disert les imbéciles tandis qu’elle laisse les autres sans voix, hésitant entre le rire ou se rouler au sol en pleurs aux sons de violons russes (les slaves étant bien meilleurs dans le dramatique que nous ne le serons jamais).

Enfants, nous avons été élevés sur cette phrase magique qu’il n’existe pas de questions bêtes.
En fait, si.
Pour les reconnaître, rien de plus facile. Les questions cons démarrent le plus souvent par « Je vais te poser une question peut-être con… ». Donc si vous ressentez ces quelques mots avant de poser une question, attendez un peu, en général, la connerie, lâche et veule, s’en va au bout de quelques minutes.
Florilèges de quelques unes de ces questions qui me donnent envie de courir nue en hurlant des passages entiers du dernier Houellebecq à la face du monde injuste.

Le Bordeaux, c’est bien?
Inutile de préciser que cette question, qui s’enfonce si loin dans les profondeurs de la bêtise au risque de faire paraître la fosse des Mariannes pour un vague trou de bac à sable, se décline bien évidemment sur toute les régions vinicoles, voir même pays.
La connerie ayant cela de magique qu’elle voit grand.
Nous préciserons donc (encore) que la majorité des vins produits dans une région ne peuvent être ni tous bons (à mon grand dam), ni tous mauvais.
Chaque domaine mettant dans ses vins la palette de son terroir, la patte de son vigneron, l’empreinte de ses raisins.

En résumé, ce n’est pas parce que vous aimez les glaces que tous les parfums vous mettent en transe

Tu penses quoi du millésime 200.. ?
L’universalité aussi sympathique que soit le concept marche assez mal dans la vie.
Il reste illusoire de croire que le soleil et Evelyne Dhélia aient assuré la même pluviométrie, le même ensoleillement sur l’ensemble du territoire. 

D’autant que chaque cépage réagira forcément différemment aux conditions climatiques et aux sols. 
D’autant que le soin apporté par chaque vigneron à ses vignes aura un impact sur le travail (ou le bordel) de Dame Nature.
D’autant que cette question m’ennuie.

Si dans le Guide X, le domaine machin n’apparaît pas, c’est que leur vin n’est pas bon?
Le dégustateur, cet homme saint qui parcourt inlassablement les terroirs, bravant la sncf, les parking Mercure et les assiettes de cochonnailles n’est pas, à son grand dam, omniscient.
Il appelle à échantillons dans des salles des fêtes aux murs blanchâtres des vignerons. Vignerons qui essayent, quant à eux, d’y répondre entre 2 tailles, 3 salons, 4 clients, une belle-mère et des vins qui se goûteront plus ou moins bien quelquefois.
Donc, non, si le guide reste un indicateur, il n’est pas une bible.
En résumé, ce n’est pas parce que les Tournesols de Van Ghog ne sont pas au Louvre, que le peintre est un farfelu barbouilleur.

Tu préfères le blanc ou le rouge?
Non, j’aime juste les jolis vins.
Blancs, rouges, disons le parfois même oranges.
La beauté se cache partout (tandis que la laideur s’étalent partout, mais c’est un autre débat).
Préférez-vous un blond laid ou un brun aux abdos saillants au sourire ravageur?
C’est à peu de chose près la même question.

Si c’est bio, c’est bon, non?
Cette question ayant le pouvoir de me faire hurler à la lune, nous répéterons donc (encore) que l’agriculture biologique reste une méthode culturale et une technique de vinification. Elle ne peut présager du talent d’un vigneron.
Avec les plus jolis légumes du monde, vous pouvez toujours faire un cake à la courgette.
Je ne reviendrai pas non plus sur cette aberration culinaire qu’est le cake à la courgette.

Quel type de vin pour une femme?
Croire qu’il existe encore des vins genrés, au goût qui conviendrait à tel ou tel type de personnes en 2016, c’est un peu comme croire au Père Noël et à Garcimore réunis.
Il n’existe qu’un seul vin qui plait à une femme, celui qu’elle aime.

Tu veux un verre de vin?
Sincèrement, vous croyez qu’il s’agit VRAIMENT d’une question à me poser?

Ce contenu a été publié dans les Humeurs de Louise. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Le vin en 7 questions…cons

  1. Eliane dit :

    Il n’y a pas de jour spécial pour boire un verre de vin. J’en prends quand j’en ai envie : matin, midi ou dans la soirée. Par contre, j’ai une préférence pour les blancs doux ou les vins très fruités. Je crois que la plus part des femmes aiment cela alors les « vins genrés », comme vous dîtes, ça existe des fois

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *