Une échappée au Vieux Télégraphe à la recherche de l’exigence

C’est à l’invitation de Leo Borsi, Maître de Chai que je me suis rendue sur les terres du Vieux Télégraphe.

Domaine mythique de Chateauneuf du Pape, je n’ai pu résister à l’appel de leurs si jolies vignes et couru ventre à terre jusqu’au Chai…

Les Chais du Vieux Télégraphe

Le Vieux Télégraphe, c’est avant tout une terre: les terroirs calcaires de La Crau recouverts de galets roulés où le Mistral s’engouffre en ces temps d’hiver. Mais c’est aussi un savoir-faire. La recherche permanente de l’excellence qui pousse la Maison à sélectionner parcelle par parcelle, à vinifier chaque cépage séparément pour ensuite assembler, puis laisser le temps faire son œuvre au cœur des fûts.

Écouter Léo, avec son accent argentin chantant, vous conter le travail de minutie, pas à pas, la recherche permanente pour obtenir des crus d’exceptions, c’est s’abandonner au bonheur. C’est aussi comprendre l’exigeante beauté du vin.

Entre la famille Brunier et Léo Borsi, un point commun : la passion du vin. Une passion qui les amène à sortir du Domaine pour s’intéresser à d’autres terroirs et même d’autres rivages. Il y a d’abord eu La Roquète, un autre Chateauneuf, mélange de différents terroirs contrairement à son aîné et dont les terres plus sablonneuses ont conféré au Mourvèdre, un fruit croquant, les vieux Grenaches quant à eux s’épanouissent sur un plateau calcaire pour développer leurs caractéristiques notes de griottes en alcool. C’est ensuite les Terrasses du Diable, un Gigondas magique, tout en finesse et dentelle, dont le grenache vous stupéfie par sa précision. Un bel équilibre entre épices et fruits sans aucune lourdeur. Du bonheur!

Pour voyager plus loin encore, on découvre Massaya, un domaine au Liban. L’histoire d’une rencontre entre deux frères, héritiers d’une terre mythique au cœur de la plaine de la Bekaa et de la famille Brunier. Trois vins sont nés de cette envie de faire renaître ce berceau ancestral du vin: le joyeux Massaya Classic (Cinsault, Cabernet Sauvignon, Syrah), vin de soif sur le fruit, la fraîcheur avec ses notes épicées, le précis Massaya Sélection dont la droiture surprend, avec une jolie longueur et belle acidité pour des notes de petits fruits rouges et une pointe de ronce en finale, pour finir le Massaya Gold mélange de Cabernet Sauvignon et de Mourvèdre une envolée de fruits noirs écrasés, aux tanins serrés et fins avec une pointe légèrement animale.

Pour finir cette jolie dégustation, Léo enchante nos verres d’un Vieux Télégraphe 2009 dont le soleil nous éclate en bouche, du fruit explosif, un poivre qui titille la langue puis sur la longueur, ce sont les notes d’humus et de thym. Un bonheur! Vient ensuite le 2007, une année complexe mais où le travail acharné du Maître de Chais se lit: des notes de griottes confites, de la muscade et en finale une note légèrement mentholée. C’est enfin le 2001, aux tanins veloutés, aux fruits noirs en alcool, aux épices qui envahissent délicatement le palais. Bref, vous l’aurez compris, c’était à Chateauneuf du Pape et c’était bien…

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