Mémoire d’un bouchon…

pontet canet 2014

Ecrire, raconter ses flacons, revenir au bord du verre le temps d’un souvenir.
Du bout du stylo effleurer ses arômes, écouter ses notes, coucher le moment.
Simple soupir posé au coin du plaisir.

C’était Pontet Canet, 2014.
Bouteille inattendue qui surgit au détour de tous ces passages où l’on s’oblige, des contretemps qui assaillent…
Se poser et sentir le bonheur venir.

Certains parleront de sacrilège, j’aime y voir la marque de l’impatience et de l’envie.
Ne pas avoir su attendre l’empreinte du temps, se laisser emporter par la tentation.

Au-delà du cru classé, du mythe, c’est avant tout la signature d’un grand terroir.
A Pauillac, on a développé un langage amoureux, plus que de sols, on parle de croupes où s’étalent les vignes, les tanins s’y affinent tant qu’ils deviennent dentelles, le vin dévoile un grain magique…

Comprendre plus que dompter, adapter chacun de ses gestes et chercher sans fin l’équilibre entre le travail de l’homme et la marque de la nature.

Les cabernets en majorité trouvent ici la combinaison idéale entre une gestion naturelle de l’eau par les graves sableuses et l’austérité qu’impose le calcaire forçant le cépage à donner le meilleur de lui-même sans fioriture.

Au verre, la robe noire, profonde invite le nez à s’y plonger.
Là, les fruits vous assaillent puis, délicatement se détachent les notes épicées plus profondes.
En bouche, les tanins, encore serrés sont fins et laissent sur la langue la trace de leur trame.

Un vin au charme fou où derrière la puissance du fruit noir se révèlent des touches légères de cèdre et de poivre.

La vérité d’un vin réside dans ce souvenir.
Mémoire d’un plaisir partagé, des sourires, de ses conversations qui n’en finissent plus, de ses silences bienheureux.

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