Si tu ne viens pas à Gaillac, Gaillac viendra à toi…

Eu égard au grand philosophe Jean-Claude VanDamne, j’essaye d’être « aweeere ».
Le belge ayant apporté à la philosophie, ce que Maité laissât à la cuisine, à savoir un tranchant à nul autre pareil.

Je surfe (mais est-ce encore la mode?) sur les tendances en notant précieusement sur mon smartphone, le papier étant déplacé, que le selfie est le nouveau portrait, le hashtag le nouveau commandement, le velib’ le dernier véhicule hype, la diète, le nouveau régime (un génie ayant trouvé qu’arrêter de manger permettait de maigrir) et le burger est en passe de devenir down, supplanté par le kale (de préférence dans des smoothies aux drôles de couleurs).

Mais sais-tu, cher lecteur avide de nouvelles, que Gaillac restera à jamais Gaillac?

Des vins à la variété pas encore infinie (mais on y travaille), et des cépages autochtones à nul autre pareil.terre de gaillac

 Le Point Cépages

En rouge, il y a d’abord le Prunelart, avec un t à la fin, le d fâchant l’homme de la cuve.Le 2009 du domaine Plageoles, simplement nommé Prunelart, attire tout d’abord avec sa couleur très sombre, comme un mystère n’attendant qu’à être dévoilé au creux du verre. Au nez, prunes et épices titillent, en bouche le vin prend de l’ampleur. C’est un vin sans compromis qui prend aux tripes, presque sanguin mais qui laisse en fin de bouche cette note légèrement kirchée. La trace légère du passage des tanins comme un amant après la nuit (Pour une version politiquement correct, parlez de tanins sapides dans les dîners mondains).

C’est ensuite le Braucol, ou Fer Sarvadou comme dans l’Anthocyanes 2012, du domaine de Brin de Damien Bonnet.
Axiome N°1: Damien Bonnet est un jeune vigneron très gentil.
Axiome N°2: Damien Bonnet fait de fort jolis vins.
Bref, j’aime bien les vins de Damien Bonnet.
Le Braucol y exhale ses notes reconnaissables de cassis et de mûres gourmandes et par-dessus délicatement, se posent des touches florales de pivoines et violettes. En cœur de bouche, le poivre vert vient taquiner la langue donnant une envie de reviens-y.
A goûter également Le Sang 2009 du domaine de La Ramaye, un vin qui surprend par son étonnante fraîcheur encore, et l’intensité de ses arômes de fruits rouges écrasés et en finales des notes vertes d’herbes froissées.

C’est également le Duras, comme dans l’Ame du domaine Rotier qui offre ses notes de fruits noirs et de poivres. La bouche est fruitée, encore croquante malgré le passage des ans, structurée avec une finale longue comme une nuit d’été…

Côté blanc, c’est ici le règne du Mauzac. Il s’y décline sous de nombreux vins et y prend des tonalités différentes voire surprenantes. Il peut être joyeux avec des notes florales, de la rondeur et de beaux amers en finale comme dans le Premières Côtes de Gaillac du domaine Labarthe.
Il peut être pétillant sur les méthodes ancestrales, bulles gaillacoises aux doux parfums de pommes, de poires et de muscade comme celles du Château de Rhôdes.
Il peut aussi être intrigant et envoûtant comme dans ce Mysterre de Causse Marines où après deux années en barriques non ouillées, c’est à dire que l’évaporation naturelle a laissé place à une poche d’air sur laquelle de chouettes levures vont former un voile à la surface et s’activer pour donner au vin des arômes sublimes de pommes compotées, de noix et d’épices.
Il peut devenir sublime sous les mains de la famille Cazottes qui le distille.
Jamais eau de vie n’a si bien porté son nom.cazotte eau de vie
C’est certainement ce qu’auraient pensé les alchimistes du moyen-âge qui cherchaient le secret de l’élixir de longue vie et trouvèrent à la place le secret du bonheur des fins de repas. Les baies de Mauzac rose sont laissées au soleil au delà de la maturité pour une plus grande concentration des arômes, puis passerillées sur souche, c’est à dire couchées délicatement sur de la paille pour que l’eau contenue s’évapore, que le raisin se ratatine pour devenir fripé, sucré et parfumé. A cet instant où il n’est pas sans rappeler Barbara Cartland dans ses meilleurs jours, arrive la distillation (pour le raisin pas Barbara Cartland). Le résultat est surprenant de finesse et d’élégance, au nez des notes extraordinaires à la fois florales et poivrées proche du poivre de voatsiperifery (poivre sublime de Madagascar). Pour ceux qui ne connaissent pas, profitez de l’été, sortez et courrez chez Izrael à Paris et découvrez les épices du monde, pour les autres, tapez et commandez dans la lucarne de l’ordinateur chez Flavor Cie)

C’était un joli moment à Paris, ou était-ce à Gaillac, c’était en tout cas au fond du verre…

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Une réponse à Si tu ne viens pas à Gaillac, Gaillac viendra à toi…

  1. de Roany dit :

    Superbe article que l’on lit d’un bout à l’autre sans se lasser…bravo et en plus ça donne soif!

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