Comme t’es bio!

Dans quelques semaines se déroulera Millésime Bio, grand-messe annuelle du vin bio.
Le nombre de labels existant étant peu ou prou équivalent au nombre de femmes d’Eddie Barclay (pour les plus jeunes, merci de regarder wikipédia ou mieux un truc fou avec des pages, un dictionnaire), un petit guide pour s’y retrouver quand on n’a pas fait Larzac supérieur.60775.original-5629

Un peu d’histoire
C’est dans les années 80 qu’a démarré une véritable prise de conscience à travers le vignoble. Loin de la viticulture intensive, de nombreux vignerons cherchent aujourd’hui à préserver leurs terres, leurs vignes. Dans des structures existantes ou sans, certains se reposant sur leur expérience sans vouloir d’organismes certificateurs parfois lourds, parfois coûteux, d’autres préfèrent cette traçabilité et la transparence qu’ils apportent malgré le tribut financier. La bioté ayant un prix, les contrôles sont dévolus à des sociétés privées préalablement agréées qui fixent leur prix selon leurs propres critères.
Outre l’aspect pécuniaire, il leur faudra en sus affronter la lourdeur administrative et les normes françaises et européennes parfois ubuesques.

L’Agriculture Raisonnée
Idée développée dans les années 90 qui consiste selon le Larousse: « à concilier le respect de l’environnement, la sécurité sanitaire et la rentabilité économique » , et ce, sans norme réelle mais avec plein de bonnes volontés.
Aucun organisme certificateur mais des préconisations.
L’association « Terra Vitis », basée sur ce concept, fonctionne quant à elle selon un cahier des charges compilant méthodes culturales visant à encourager la biodiversité mais également des démarches globales de gestion d’exploitation. Il s’engagent sur la traçabilité et avec au minimum 2 contrôles par an sur la base de ce même cahier.

La Lutte Raisonnée
Fi des méthodes de gestion, ce concept repose uniquement sur les méthodes de culture de la vigne. Les vignerons  utilisent moins de traitements chimiques, moins souvent et choisissent des traitements moins agressifs que les vignerons conventionnels mais aucun contrôle légal n’est effectué. L’objectif étant de limiter au strict minimum les interventions susceptibles d’avoir un impact négatif sur l’environnement.
Elle repose sur une confiance envers le producteur et le concept dingue qu’un homme aimant sa terre n’a que peu envie de l’empoisonner. A noter la différence sur ce point avec l’homme qui aimant sa femme rêve d’empoisonner sa belle-mère.

L’Agriculture en développement durable
Concept qui s’étend à la protection de l’environnement dans son sens large, qu’il soit écologique, économique mais aussi sociétal.
Sur ce principe on remarque la création en 2007 d’un label Vignerons en Développement Durable ou VDD. Au-delà de l’acronyme aussi accrocheur qu’un disque de Christophe Hondelatte sur un parking de supermarché sous la pluie un soir d’hiver, le concept repose sur un cahier des charges strict incluant des impératifs environnementaux (baisse des traitements, travail des sols), mais également des engagements notables sur la parité homme/femme avec salaire équivalent (le beurre ET l’argent du beurre), des circuits courts favorisant des sous-traitants locaux (le séant de la crémière). Soumis à contrôle et mettant en oeuvre des engagements financiers profonds, il ne touche pour le moment que des caves coopératives.

L’Agriculture Biologique
Encadrée légalement et soumise à un cahier des charges interdisant entre autres l’utilisation d’engrais ou de produits phytosanitaires de synthèse, ni de produits chimiques (pesticides, insecticides, fongicides, engrais, etc.), l’agriculture biologique a un double coût. Celui inhérent à ce mode de production, à savoir un travail des sols plus important d’où une main d’oeuvre en hausse, des traitements naturels plus onéreux, des rendements plus faibles donc moins de bouteilles, mais aussi celui de sa certification évoquée plus haut.
Depuis 2012, cette méthode culturale s’étend également à la vinification et aux produits qui y sont appliquée.
Avant de pouvoir apposer le label AB, 3 ans minimum sont nécessaires pour se faire certifier. Trois années de conversion pendant lesquelles il devra assumer le surcoût monétaire sans être considéré comme vin bio, ainsi que la baisse de rendement, un engagement financier qui doit être pensé et thésaurisé en amont de la démarche pour faire face à la perte de revenus inhérente à la période.

L’Agriculture en Biodynamie
C’est une méthode de culture basée sur l’équilibre de la vigne avec son environnement dévellopée par Rudolf Steiner et dont les principes fondamentaux sont l’amélioration des sols par l’ajout de matières naturelles végétales, animales ou minérales, l’application de ces préparations à des moments précis du cycle de la plante selon un calendrier lunaire et planétaire et extension également à la vinification avec une stricte limitation des produits autorisés et à contrôle par des organismes de certification. Deux labels: Demeter et Biodyvin

 

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Une réponse à Comme t’es bio!

  1. Pitois dit :

    A quand un papier sur les vins natures, qui eux sont bios ou biodynamiques et sans saloperies oenologiques.
    La voie de l excellence d’une certaine manière

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