Vin Nouveau ou Nouveau Vin?

A l’heure où les français se réveillent en bleu, des ballons plein les yeux, les vignerons préparent les leurs  avant  la vague rouge des primeurs qui s’apprête à submerger les troquets de Paris aux jacuzzis tokyoïtes.

Si les Beau(en)joleurs tirèrent les premiers, nombre de régions dégainent aujourd’hui du Languedoc, aux Côtes du Rhône, en passant par le sud-ouest.vin nouveau

Reflet de l’année par certains grands penseurs vinicoles, moment de joies simples pour d’autres, haït, adoré, le vin nouveau ne laisse jamais indifférent.
Mais célébrer le vin nouveau, c’est avant tout boire un vin tout neuf; de la cuve à la bouche, un verre allègrement sorti  dès les premiers frimas de l’hiver.

A y écrire de plus près, déguster un joli primeur, c’est un peu faire l’éloge de la précipitation.
Un peu canaille, pas begueule, le primeur porte en lui la promesse des plaisirs simples aux accents un peu chapardés au temps.

Le nez dans le verre, les arômes s’y dévoilent vite. Pour ce premier rendez-vous, la bouche s’emporte sous l’exubérance des fruits rouges au jus coulant  qui se déverse sans grande finesse peut-être, mais jamais sans charme. Les tanins manquent un peu de la rondeur assagie de l’âge mais porte la marque d’une légère rudesse de la jeunesse, un mordant  qui laisse pourtant le rose aux joues et le sourire aux lèvres.

J’ai chaque année le cœur qui s’accélère un peu à découvrir les vins au fruit explosif de la Cave Saint Marc à Carombs côté Rhône ou le beaujolais du jeune et talentueux Nicolas Chemarin…

A l’opposé faire un nouveau vin relève d’une lente maturation. Une nouvelle cuvée résulte de la patience et de l’expérience. C’est souvent à visiter d’autres verres, arpenter d’autres terres que nait cette envie. Une idée qui prend son temps, creuse son sillon à travers des rencontres aussi.
Sortir des codes, quitter le nid du confortable pour se frotter enfin au terroir. Chercher l’équilibre entre la nature et la main de l’homme.  Ne pas brusquer, ni lâcher les rênes, trouver les gestes qui sauront magnifier, domestiquer quelquefois mais sans jamais dominer.
C’est un peu ce que l’on retrouve dans les vins d’Olivier Techer au Château Gombaude-Guillot. Son Pomerol y est à la fois dans les marqueurs de l’appellation ; terrien, nerveux,  empreint de fruits noirs avec en touches de notes truffées  mais il se démarque avec  en plus une belle fraîcheur, une élégance aérienne et florale qui pose en bouche une touche d’éclat.gombaude guillot
Pour ceux qui n’ont jamais eu l’occasion d’écouter le rire du garçon et le goût de ses verres, c’était le week-end dernier en plein Paris grâce à VinSurVin dont je vous narrerai les quilles très bientôt.

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