Les droits de plantation expliqués à ma voisine.

Ma voisine, elle s’appelle Violette.
Et Violette, le vin elle en boit un peu pour les fêtes, la famille, quoi…
Alors le vin, Violette, elle y connaît pas grand chose et puis elle s’en fout Violette parce qu’elle a Arthur…
Arthur, c’est le petit des voisins, qu’elle garde tous les jours après l’école. Alors dès 15h, elle prépare les tartines, la confiture, les jeux. Elle met une toile cirée sur la table de la cuisine, sort les tasses et les feutres pour son moment de bonheur arthuresque.
Bref, Violette est heureuse de 16h30 à 19h00, tous les jours sauf le week-end.

C’est dire, si elle s’en fout des droits de plantation, Violette.
Jean-Pierre Pernaud a bien essayé de lui expliquer, mais elle n’a pas vraiment écouté, occupée qu’elle était à essayer de tricoter un pull. De mailles en mailles, les mots se sont évanouis. Sauf que Violette habite au cœur d’une région viticole, sauf que le père d’Arthur travaille dans une cave coopérative. Alors Violette, sans vouloir te bousculer, vaudrait mieux t’informationner si tu veux continuer à tartiner.

Aujourd’hui pour planter des vignes de vin (on dit raisin de cuve), il y a des règles strictes.
Afin d’éviter surproduction et mauvaise qualité, les droits s’acquièrent dans le cadre d’une legislation avec des normes qualitatives et quantitatives. C’est ce travail qui a permis depuis des années de maintenir les cours du vin sur les marchés, assurant ainsi une meilleure rétribution pour les producteurs. Pour faire simple, en encadrant la plantation, l’État assure ainsi (un peu) l’avenir des viticulteurs.

Cependant, le bonheur ne pouvant rester dans la vigne, Bruxelles a décidé d’y mettre fin. Assurant que la libéralisation ne pouvait être que bénéfique à la compétitivité (mais mauvaise pour le porte-monnaie des viticulteurs et le verre du brave consommateur), elle a abrogé cette réglementation.
Pour revoir cette décision, la France dispose de deux possibilités : obtenir la majorité au sein du conseil européen ou aborder ce dossier lors du débat sur la refonte de la politique agricole commune. Sur la première possibilité, et au vu du faible nombre de pays producteur de vin au sein des membres de l’U.E., on est aussi bien engagé qu’un rappeur au concours de l’Eurovision. Quant à la seconde, va falloir mobiliser les députés et faire entendre de la voix pour garder nos verres. Au dernières nouvelles, les bruxellois proposeraient de garder des règles uniquement pour les vins issus des Appellation d’Origine Protégée et des Vins avec Indication Géographique, quant aux autres, libéralisation. Deux poids, deux mesures pour une Europe Unie…

Bref, Violette, pose ton tricot, lève ton stylo et motivationne ton député européen.
Si tu ne sais pas qui il est (comme la plupart d’entre nous), la liste est là :
liste des députés européens

Tiens au fait, j’apprends que la Commission se réunie dans 2 jours.
Alors, si tu sais pas quoi faire…

 

 

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Une réponse à Les droits de plantation expliqués à ma voisine.

  1. ovar dit :

    encore des costumes qui n’y connaissent rien , ça m’énerve ! Violette a compris,tu es claire comme de l’eau de roche,un comble !

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