Va chercher bonheur à Gaillac

Alors que vous remisez enfin les tongs jusqu’aux prochains congés payés la larme à l’oeil (les tongs étant à l’esthétique ce que BHL est à la culture), il était de mon devoir de vous fournir quelques éléments propres à illuminer votre rentrée.

Tout d’abord, exploitez les grands-parents pour les courses scolaires de votre descendance, et préoccupez vous de l’essentiel: vous-même.
Ceci étant fait, attaquez vous à ce chapitre prioritaire: le vin.
Le vin étant à votre épanouissement ce qu’une gogo danseuse est à un VRP de province, sortez vos verres et prévoyez une descente chez le caviste.
Sachez qu’il existe des bouteilles qui peuvent tout à la fois nourrir votre gloritude auprès de vos amis, vos beaux-parents ou même votre concierge et éclater votre tire-bouchon.
Parmi ces dernières, en bonne place, les vins de Gaillac. gaillac ville

En effet, à quelques encablures de Toulouse, se trouve la région du Tarn.
A l’écart de ces gorges sublimes où quelques hollandais continuent furieusement de pagayer au détriment des pauvres poissons du coin, s’étale le vignoble de Gaillac.
Là de gentils vignerons font de chouettes vins avec des cépages qui n’existent nulle part ailleurs au monde. Une façon de se la jouer (un peu) tout en régalant ses papilles.
Prunelard, Loin de l’Oeil, Ondenc, Fer Sarvadou, Duras autant de jolis noms qui épateront vos convives tout en régalant votre verre.
Sortir inopinément à table: « J’adore l’expression du Fer Servadou » peut vous permettre de bâtir une carrière ou de gagner des beaux-parents (je reste plus mitigée sur l’intérêt des beaux-parents).

Blanc, rouge, rosé, bulles et même désormais vendanges tardives, la multiplicité de ces cépages autochtones permet une belle diversité parmi les quilles. A savoir que la majorité des vins de l’appellation sont sous la barre des 10€.
Côté rouge, on trouve principalement le Braucol ou Fer Servadou (2 noms pour une seule grappe), le Duras aux côtés de la classique Syrah, du Merlot.
Côté blanc: Loin de l’oeil aux notes poirées et exotiques, Ondenc aux arômes de coings, Mauzac avec son côté pomme, un peu floral se la jouent seuls ou accompagnent le Sauvignon pour sa jolie pointe acidulée ou même la Muscadelle.

Début août, se déroulait la Fête des Vins de Gaillac, une façon sympathique de découvrir une grande partie de ces vignerons décomplexés et franchement bien dans leurs verres.

Revue de verres et de vignerons avec tout d’abord côté bulles le Domaine de la Croix des Marchands avec une méthode ancestrale où le Mauzac révèle habilement ses notes de pommes et d’épices pour donner en bouche tout un crumble légèrement caramélisé.

Contrairement à la méthode traditionnelle, les bulles se forment ici naturellement dans la bouteille sans ajout de levures supplémentaires, ni de sucre. A noter, les chouettes bulles de la Cave de la Bastide, au-dessus desquels les sourires naissent pour un vin de fruits.

Vol de bulles à La Bastide

Vol de bulles à La Bastide

Côté blanc, le Mas Pignou au delà de sa vue à couper le souffle propose de très jolis blancs à l’expression épurée sur le fruit. Avec Les Hauts de Laborie, le Loin de l’Oeil amène son fruit tempéré par la belle acidité du Sauvignon pour de jolis vins frais d’apéritif, un verre où les rires se mêlent. Un coup de cœur également pour le Château Clement Termes où la maîtrise du travail du bois est magnifique, un excellent Mémoire où le Mauzac est sublimé sans s’alourdir, de belles notes d’iris, de pamplemousse avec de la rondeur, de l’amplitude. Un blanc de gastronomie qui supportera des volailles, des champignons. Des bulles fantastiques également chez Clément Termes, tout en finesse, avec une belle acidité faîtes de fruits blancs et une jolie longueur.

de gauche à droite: Mas Pignou, Domaine de la Croix des Marchands et Château Clement Termes

de gauche à droite: Mas Pignou, Domaine de la Croix des Marchands et Château Clement Termes

Une dernière mention pour L’Astrolabe de la Cave de Rabastens, un 100% Loin de l’œil aux notes de raisins frais, d’agrumes avec une finale légèrement fumée. Un très bel ovni également, avec le Château Adélaïde et son très chouette l’Oubli, un joli Mauzac avec un travail autour de l’oxydation pour un vin aux arômes d’écorces d’oranges confites, d’amandes amères et de tubéreuse. Une belle dualité entre douceur et amertume pour un vin sans sucrosité et d’une longueur surprenante.

Château Adelaïde

Château Adelaïde

Côté rouge, ruez-vous sur le Domaine Carcenac et son très chouette Les Grèzes, une majorité Braucol pour un vin de copain tout en fruits, cassis et poivre vert. C’est gouleyant, c’est bon et surtout à moins de 5€, difficile de trouver plus riant au verre. A noter également, en IGP, le 100% Prunelard, vieux cépage assez fabuleux aux arômes de cerises et de roses avec en fond une légère animalité. A la fois fruité et profond, vif et épicé. Dans un autre registre, l’Exception Braucol où de vieilles vignes apportent toute la puissance et la concentration de ce cépage pour des notes de réglisse, de cassis et d’épices douces.
Autre joli coin où traîner son tire-bouchon, le Domaine de Brin où Damien Bonnet, jeune vigneron qui fait de très beaux vins sur un petit domaine de 10 hectares. Un grand respect de la vigne, un engagement sans souffre sur l’élevage donne des vins sur le fruit comme le Vendémia, assemblage de Braucol, Duras et Cabernet Sauvignon. En bouche des belles notes de fruits, cassis écrasés et derrière qui titille la langue et toute la bouche la grappe de poivre vert qui vient réveiller le fruit. Du très bon.

de g à d: Domaine Carcenac et Domaine de Brin

de g à d: Domaine Carcenac et Domaine de Brin

Egalement, l’Âme du Domaine Rotier à majorité Duras, un vin avec du corps, des notes de fruits noirs et de poivres et une très belle longueur.
Le Domaine Peyres Roses avec un vin très étonnant, sa Cuvée Vieilles Vignes où malgré l’âge, les baies amènent un très joli croquant , un jus concentré mais avec une belle acidité et de belles notes poivrées.
Last but not least, le domaine de la Ramaye où Michel Issaly crée là des cuvées atypiques. Peu de souffre, des rendements très bas, pour des vins à découvrir résolument. Le travail opéré par le domaine permet des expressions différentes sur les cépages comme sur Le Grand Tertre à majorité Prunelard où l’animalité rejoint le côté floral et cassis pour un vin complexe à la grande longueur.

Domaine de la Ramaye et Domaine Peyres Roses

Domaine de la Ramaye et Domaine Peyres Roses

Ne vous reste plus qu’à remplir la cave et démarrer septembre sur de beaux verres.

 

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Une réponse à Va chercher bonheur à Gaillac

  1. GREG dit :

    J´ai été surpris par la qualité des vins de gaillac! vraiment de belles quilles..
    ci- joint la dégustation d´un vin 100% Fer Servadou
    http://blog-du-vin.fr/decouverte-d%C2%B4un-nouveau-cepage-le-fer-servadou/

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