L’argument du cépage ou l’oubli des terroirs et du savoir…

Cela faisait déjà quelques temps que le mot bruissait et revenait sur tous les salons professionnels : le cépage, le cépage , toujours le cépage.

Loin de ce monde mercantile, j’assistai, l’autre jour, à un dîner.

Le maître de maison, fort sympathiquement, nous servis un magnifique Meursault. Le bonheur emplissait mes narines, l’extase mes papilles quand j’entendis cette grande phrase : « Le Meursault, c’est vachement bon. C’est normal, le Chardonnay c’est vraiment top ! »

Au delà de cette somptueuse syntaxe qui caractérisait l’individu que j’aurais la charité de ne point décrire, l’argument était là.

Le Chardonnay, c'est trop top!

S’il est vrai que pour beaucoup de nos voisins, la notion de terroir reste complexe dans des contrées où seule les mentions Chardonnay, Syrah et consorts apparaissent, certains vignerons avaient décidé, fort à propos, d’ AJOUTER à leurs étiquettes le nom des cépages afin de favoriser leurs ventes à l’export.

Cependant, comme souvent, l’usage devint mode et certains marketeux en vinrent à en faire l’argument complet de campagnes…

Comme disait un regretté philosophe, faudrait voir à pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages !

Réduire un vin uniquement à son cépage, c’est aussi oublier qu’une appellation est l’addition d’un cépage, d’une terre et d’un savoir-faire. Ainsi, plutôt que de communiquer et éduquer les consommateurs sur cette notion, il reste plus facile de ne parler que de cépage. Comme dirait certains grands communiquants, « CA LE FAIT !! »

Parler de chardonnay pour le Meursault (oui, j’aime beaucoup le Meursault), revient à comparer celui-ci à un Chablis, au demeurant tout aussi fabuleux.

Parler de Syrah, c’est donner l’impression que Côte Rôtie, Saint Joseph, sans parler des vins australiens et californiens ne sont finalement que de braves variantes d’un même goût.

C’est tout ce que j’avais à dire là-dessus…

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5 réponses à L’argument du cépage ou l’oubli des terroirs et du savoir…

  1. Vinodis dit :

    Tout à fait d’accord et même au sein d’une appellation, j’entends tellement souvent « Chianti (ou encore Toscane), c’est bon, je sais que je vais apprécier ! » alors qu’ils n’ont pas encore vu le liquide dans la bouteille.
    Par contre, des appellations minuscules comme Morellino di Scansano souffrent contre des industries viticoles parce que ces dernières mettent plus de moyens marketing … Triste !
    (Je prends cet exemple de l’Italie que je connais mieux mais je suis certain que c’est exactement pareil en France)

    • louise dit :

      Le marketing peut-être une très bonne chose quand il est pratiqué dans le respect du vin, mettre en valeur celui-ci sur ses valeurs existantes et non créer un genre d’hybride déconnecté de ses vignerons et de son terroirs…
      P.S: Ne sois pas triste, je me ferais une joie de vider tes si jolis flacons…;)

  2. dirpauillac dit :

    Bonjour Louise

    le monde professionnel du vin est trop timide.
    Plutôt que d’éduquer le consommateur à un domaine qu’il ne connait pas bien (et c’est normal), il laisse la main aux stratégies marketing qui peuvent paraitre futiles, ou à la critique facile de certains lobbies puissants, en regardant le bout de ses chaussures.
    Pourquoi laisser les personnes qui nous achètent du vin ignorer la réalité des étapes qui conduisent à une bouteille pleine et bouchée ?
    Pourquoi les laisser fantasmer sur le caractère transcendant ou au contraire dégradant de pratiques vitivinicoles plutôt que d’en parler en prenant les devants pour en expliquer l’impact ?
    D’autant qu’un bon commercial auquel nous expliquons bien les faits saura à son tour en relater les raisons avec conviction.
    La route est encore longue, merci d’avoir contribué à la rendre moins pénible.

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