Que boire avec…un chippendale habillé en pompier?*

La nouvelle est tombée, implacable.
Il faut que je me fasse ramoner la cheminée.

Il était 7h32 ce matin, je dépiotais tranquillement le courrier du mois dernier alors qu’un sublime thé de chez Mariage infusait dans ma modeste théière Monoprix -J’aurais bien pris du Champagne tous les matins, mais la décadence a ses limites.  Mon compte en banque surtout, en fait.**-lorsque je tombai sur cette missive agressive de mon assureur m’enjoignant à produire sous peu un certificat de ramonage en règle.

L'image est bien évidemment racoleuse, ne me remerciez pas.

Rendez-vous fut donc pris avec un ramoneur dûment agrée.
Le jour dit, à huit tapantes, alors que mon coeur cognait fort , j’ouvrai ma porte pour tomber sur un pré-retraité à la bedaine tombante. Autant confesser que mon enthousiasme quant à la profession décru quelques peu. Il y a quelques années, on nous vantait cette France qui se lève tôt, autant t’avouer que les jeunes mâles affriolants eux, restent couchés. La vérité, ça s’affronte. Durement. Surtout à 8 heures du matin.

Dépitée, je regardais l’homme tapisser consciencieusement mes carreaux de suie, au doux son de « Ma p’tite dame, ça fait un moment que ça n’avait pas vu un ouvrier la-dedans. Je vais vous arranger cela ». Quand je fus assaillie par cette pensée (pour le moins) fulgurante: heureusement que l’homme ne fut pas un somptueux bricoleur aux muscles luisants (ne jamais sous-estimer le pouvoir de séduction d’un homme avec une brosse télescopique en main) car qu’aurais-je bien pu boire en accord avec lui?

Cette question essentielle était désormais posée: que boire donc avec un mâle aux muscles luisants, voir même, poussons la vraie réflexion à son but, un chippendale déguisé en pompier?

On peut tout d’abord, afin de ne point effrayer la bête, sortir un joli Riesling aux légères notes pétrolées qui ne sera pas ainsi sans lui rappeler son costume. Les touches finement citronnées et la longueur minérale d’un sympathique Gustavshof provenant de l’autre côté du Rhin, à moins, pour rester chauvin et toucher au sublime de sortir un Riesling Schlossberg du domaine Weinbach, long comme une nuit d’amour, qui lui apporteront la fraîcheur qui lui manquera à votre (forcement) vue sublime.

Pourquoi ne pas enquiller sur un sensuel Maury rouge? Ce vin doux naturel au sucre fondant qui provient du Roussillon.  Un Maury rouge du domaine Pouderoux au nez de cacao et de pruneau, à la bouche complexe comme une histoire d’amour… A moins que vous ne découvriez pour l’occasion, les très chouettes Maury blanc du domaine Fagayra aux notes d’abord de fruits exotiques, puis viennent les fruits blancs murs, l’angelique confite (le truc vert dans les cakes) avec en fond une belle trame acide qui vient réveiller la bouche et magnifier le fruit comme la fraîcheur tombant sur un verger après une chaude journée d’été. Bref, c’est une tuerie. Courrez, Trouvez, Achetez et surtout, Buvez.

Bref, j’arrête ici mes réflexions pour aller nettoyer mes carreaux…

La vie, des fois, c’est chouette.
C’est en tout cas ce que raconte mon boucher…

 

*Le point balance: Je décline toute responsabilité quant à cette thématique. Elle a été proposée (inconsciemment) à mon imagination féconde et malsaine par mon ami, Patrick Maclart de l’excellent blog BourgogneWineblog

** Pour les dons, champagne, caviar et théière, écrire au blog qui transmettra.

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>