Que boire avec un con?

Il y a quelques jours, alors que je travaillais allègrement (comprenez surfais mollement à des heures indues en compagnie d’une jolie quille), google défilait sous mes yeux éteints la kyrielle de ses accords mets & vins.

Du chili en passant par le cake à la courgette tout à son accord. A mon humble avis, qui n’est absolument pas sollicité, le cake à la courgette étant déjà une aberration en soi, y ajouter un vin relève d’un non respect des conventions oenologiques élémentaires.
Il y a des recettes qui s’imagine réellement comme des déclarations de haine.

Je fus frappée par l’absence d’un accord pourtant essentiel: Que boire avec un con?
Parce que si, avec des amis, on vide la cave avec bonheur, on part même en quête du truc fantastique, improbable sur lequel on discourra jusqu’au bout de la nuit.
Qu’est-ce que l’on sort quand, malgré des tactiques digne du Mossad et de ma belle-mère réunis, le Con s’est invité dans votre canapé??

Il existe, bien sur, différents cons.
Il y a celui qu’on aime bien. Celui qui t’appelle chaque fois qu’il se retrouve devant un rayon vin pour des renseignements sur le millésime, la propriété, le terroir même. Il ne lui est même pas venu à l’idée que tu ne connais pas tous les vignerons de France, d’Italie et d’Espagne. Oui, car il pense large. Le vin, c’est un truc hype, global. Il croit qu’à moins de 10 €, t’as pas une bonne quille, il parle appellation quand tu parles vignerons, il récite le Hachette quand tu fais exprès de ne pas l’acheter. Mais la motivation étant là, et le con dans ton canapé, tu essaie de lui démontrer que la beauté ça vide pas forcément son porte-feuilles (contrairement à sa femme, mais ça, c’est une autre histoire). Alors, on sort un joli Sancerre sur le fruit, simple et gouleyant comme une matinée d’été de chez Millérioux, puis pour faire bonne mesure, on enquille sur Les Demoiselles de chez Sauvat, joli assemblage gourmand de gamay et de pinot noir, de l’Auvergnat qui parle aux papilles. Là, le regard s’illumine, la babine se pourlèche. Le verre a emporté l’adhésion, la quille est conquérante et toi, tu devras désormais plus encore répondre à ses coups de fil.
Il est des bonnes actions comme des coup de cutter dans ton karma…

Et puis, il y a l’autre. Le sévère, le lourdement ordonnancé.
Il se reconnait principalement au fait qu’il SAIT. Il sait tout, et sur tout évidemment. Il parle de vin avec une passion qu’il ne possède pas et il confond bio et bon, il récite les derniers guides à la mode et t’explique comment, lui,aurait fait ce vin. Il éructe ses vérités dans ton salon au point que la dernière émission avec Jenifer te semble relever du Nirvana.
Bref, des tanins aux arômes, il sait.
Dans cette situation où l’apocalypse et ma belle-mère réunis me semble plus attrayant, deux solutions. Sortir du grand, du mémorable, de l’irracontable pour oublier ses mots et se concentrer sur le verre… De Lalou Bise, en passant par Brane Cantenac, Pontet Canet et consorts, du lourd, du magique pour effacer l’addition…
Reste bien évidemment la possibilité de s’enquiller le magique et l’irracontable avec les autres, les amis, les vrais et, ayant gardé précieusement le divin contenant, y verser la pire piquette produite à l’oxydation ménager, aux tanins spontex et profiter du spectacle.
Il s’illumine alors, déclame sa passion pour l’infâme breuvage, s’extasie sur la matière en bouche quand tu manques de vomir, discourt sur le tanin, s’emballe sur l’arôme aux relents tenaces…

Bref, des fois, la vie, c’est chouette.
C’est en tout cas ce que raconte ma concierge…

 

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6 réponses à Que boire avec un con?

  1. Baraou dit :

    Ce con-stat je le fais depuis des années et j’aime ta façon d’aborder les options qui en découlent… Mort aux cons ! Ou pas :)

  2. José dit :

    Bonjour,

    Merci pour cette note, la question que je me pose est : Le ver est dans le fruit où le fruit est dans le verre ?

    José

  3. Moi je lui file la piquette rien que pour le plaisir de savoir que je ne m’ennuierai pas après… Alors je clame haut et fort, que vive les cons !
    Merci pour ce divertissement ;-)

  4. Carpentier dit :

    Voici l’origine du con qui par métonymie désigne d’abord le museau du lapin puis le sexe de la femme avant de symboliser l’être stupide et inerte qui serait incapable…Je joins l’expliaction que l’on trouve sur internet « Con provient de l’étymon latin cunnus (vulve). Au Moyen Âge, les diminutifs connil et connin (latin cuniculus) désignaient le lapin ainsi que les conduits et tuyaux, pour être remplacé par le nom actuel de l’animal (de laperau) vers le XVe siècle en raison de l’usage persistant de l’acception vulgaire de con et connin, attestée dès le XIIe siècle dans le Roman de Renart. Le nom de l’animal a été conservé dans de nombreuses langues

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    romanes : conejo en castillan, coniglio en italien, conill en catalan, coelho en portugais, konijn en néerlandais. Il a d’ailleurs été emprunté par l’ anglais — ainsi qu’une partie importante des langues germaniques — via l’ancien français : coney, d’usage courant jusqu’au XIXe siècle. En castillan, l’étymon cunnus a produit coño qui est l’équivalent de notre con moderne, en toutefois moins vulgaire ; coney ou cony possède aujourd’hui cette acception en sus du sens animalier. Le portugais conho est un faux cognat ; dérivé cuneus, il n’a pas cette signification.

    Vers le XIXe siècle le vocable français prend un sens figuré injurieux et se met en place une construction adjectivale. L’emploi était alors misogyne, exploitant l’ impuissance et la passivité du sexe féminin de l’imaginaire collectif. Aujourd’hui, l’absence fréquente d’accord en position d’attribut ou d’apposition (par exemple Elle est con.) rappelle l’origine nominale de l’expression, sans qu’il soit toutefois fait référence consciente à la vulve. L’ancienne acception physiologique est aujourd’hui en voie d’obsolescence.  »

    Aussi que penser du diner avec un con ? s’agit-il d’un dîner avec un macho stupide (cela existe…) ? Ou alors du dîner en solitaire d’une bridget jones post féministe ?
    Je ne sais pas ce que Paolo Coehlo en dirait…

  5. Anne Serres dit :

    Parle pas aux cons, ma Louise, ça les instruit ! Que boire en attendant que ça passe ? Un truc fort, pour le/la rendre un peu drôle, ce(tte) con(ne), et pour nous rendre plus bête (mais il vaut mieux être beurré que con, ça dure moins longtemps)…
    Marrant comme on part du principe que le con c’est l’autre… alors qu’on est toujours le con de quelqu’un (c’est du moins ce que dit mon crémier)

    • louise dit :

      Un ami m’a rappelé cette semaine, cette sublime réplique de Gabin dans un Singe en hiver: « Vous ne meritez pas de boire, vous êtes trop con! »…

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