De quilles en quilles: l’hebdo des bouteilles de la semaine

Une nouvelle revue lancée dès cette semaine sur le blog, la revue des quilles notables dégustées, découvertes et/ou sifflées dans la semaine…
En image et en verre…

Domaine Giachino Monfarina
Domaine Giachino Monfarina

Une jolie incursion dans les alpages avec ce vin bio issu d’un cépage méconnu, le Jacquère.
Beaucoup de fruit sur cette cuvée, de l’exotique, des fruits blancs. Une bouche gourmande, festive. Un vin d’apéro et de bonheur à moins de 10 € chez caviste.

Saint Nicolas, cuvée Les Clous
Saint Nicolas, cuvée Les Clous

Un blanc de vendée issu de Chenin, le cépage emblématique de la Loire, de Chardonnay et d’un point de Groslot gris, vieux cépage traditionnel de la région pour un vin à l’acidité pointue qui réveille les papilles, précis. Des notes d’agrumes mais également un peu saline, iodé. Un vin qui accompagne à merveille les fruits de mer avec beau-papa, mais surtout les fruits de mer (12€ chez caviste).

Hautes Terres de Camberousse, cuvée Sauvagine
Hautes Terres de Camberousse, cuvée Sauvagine

THE révélation de la semaine. Un vin magique à moins de 8€.
Assemblage de grenache blanc et de rolle (ou vermentino suivant les régions. Le vigneron aime à être joueur)
Des notes de fenouil sauvage, de fruits blancs, d’agrumes et une finale légèrement fumée. C’est délicieusement et affreusement bon.
Un seul bémol:le verre se vide tout seul…

Mas de la Barben - L'Improviste
Mas de la Barben – L’Improviste

Un très joli domaine pour finir avec des rapports plaisir:prix hors compétition. Près de Nîme, le domaine de la Barben propose ce chouette rouge à ouvrir entre amis pour moins de 5 €. Du fruit, un vin consistant sans être lourd, gouleyant qui fleure bon les rires et les verres qui tintent. Grenache en majorité, Syrah et Cinsault. C’est bon.

Sors de tes clics et cours à Bergerac

Je ne suis pas sympathique.
Je profite de cet espace pour démentir énergiquement cette légende urbaine.
Je ne suis donc absolument pas sympathique. Quant à gentille, je n’ose évoquer le sujet…
La gentillesse est devenue, d’ailleurs, une valeur totalement surannée…
Imaginez un instant un monde où les gens seraient gentils.
Les chauffeurs de taxi deviseraient avec leurs clients sur la beauté du temps, tandis que les bouchons s’accumuleraient. Bouchons sans commune mesure car votre voisin ne klaxonnerait plus comme un damné dès le passage du feu au vert.
Comment, dès lors, reconnaître un lieu à la mode si les serveurs (pardon les managers clients) n’arboraient plus cette moue boudeuse à la lippe tombante si particulière aux lieux où il faut être (mais où personne ne veut rester) ?
Et comment reconnaître un joli vin dans un monde auréolé de rose où tout à chacun, obnubilé par un politiquement correct du plus mauvais gout, s’acharnerait à ne dire que du bien de tout ?
Les sommeliers n’essaieraient plus de refiler le dernier gros rouge d’un mauvais négociant dont l’horreur ne se mesure qu’à l’aune du coefficient astronomique réalisé, quand le caviste s’extasierait sur l’âpreté « intéressante » de la plus infâme piquette.
Bref, un monde qui ne vaudrait pas son tire-bouchon…
Sans compter que le sourire ne va pas à tout le monde.
Bref, je ne suis pas sympathique.
Je ne me perds pas en circonvolution syntaxique quand je n’aime pas.
N’essayez pas de me refiler un saucisson en douce histoire de faire passer un mauvais breuvage, je deviendrais pire (si, c’est possible!).Mes papilles devenant exigeantes, j’aime à m’aventurer sur des verres inconnus et partir en quête de quilles heureuses. C’est sur des bien-entendus que j’ai fini par poser mon tire-bouchon à Bergerac.

Une terre qui abrite tant de rugbymen ne pouvait qu’être de joyeux augures…

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Qu’est-ce que le vin?

A l’heure où l’on crie aux loups, où les chiens se déchaînent, j’avais envie de poser ces quelques mots et revenir à l’interrogation première :

Qu’est-ce que le vin ?

D’aucuns vous parleront de boisson, d’autres d’alcool mais sauront-ils y voir les nuits d’angoisse à redouter la grêle, les maladies, les jours trop pleins de pluie, ceux trop lourds de chaleur et de sécheresse ?
Sentiront-ils le froid qui ronge les mains durant les hivers à la taille, le bonheur des grappes lourdes juste avant la vendange, le silence et la patience des mois d’élevage ?

Se rappelleront-ils des rires autour des verres, de l’émotion qui étreint quand ils tintent avec ceux que l’on aime.
Des bouteilles que l’on garde patiemment pour une occasion, L’occasion ?
De ces breuvages trop gardés et trop attendus que l’on finit par boire en repensant aux absents ?picnic-party-2

Un vin n’est pas un lien social, assemblage de mots à la mode mit bout à bout pour ne plus former que le vase creux de prétentions sociologisantes.
Un vin n’est pas un produit source de richesse et d’exportation, un simple élément d’une économie qui se perd elle-même entre investisseurs et penseurs.

Non, le vin n’est qu’un assemblage de ces moments pour ceux qui les font, pour ceux qui les boivent.
C’est peu et tant à la fois.